Drama de la chaîne américaine HBO démarré en septembre 2010. Série réalisée par David Simon (The Wire, Generation Kill). Épisodes de 60 minutes. 3 saisons sorties à ce jour et une quatrième et ultime annoncée pour 2013.

Disons-le clairement pour commencer : Treme est une série de haut niveau et unique en son genre. Elle n’a malheureusement pas l’audience qu’elle mérite, et je ne sais sincèrement pas pourquoi. Cet article a pour but de faire découvrir aux sériephiles (ou même aux non sériephiles d’ailleurs) une œuvre qui vaut le détour, ne serait-ce que par curiosité. Après, on aime ou on n’aime pas, c’est la vie, tant pis.
Donc… Avis à ceux qui aiment la MUSIQUE !!! (si si, je vous jure, il y en a qui se contrefichent de la musique, eh oui). Avis à ceux qui aiment ou supportent les séries longues (et oui, 60 minutes quand même) ! Et pour finir, avis à ceux qui veulent simplement découvrir une bonne série d’un style nouveau !

Treme, avant d’être une série, est un des plus vieux quartiers de la ville de la Nouvelle-Orléans (Louisiane, Etats-Unis), bien connue pour être le lieu culte du jazz et d’une partie importante de la culture musicale du XXe siècle. C’est aussi la fameuse région qui s’est prise un ouragan dans la face en 2005, Katrina. L’histoire est sensible car en plus de la galère d’une ville éclatée par une tempête, il y a eu des polémiques sur l’implication du gouvernement américain sur le manque de mesures prises pour affronter Katrina, sous prétexte que la région ne serait pas suffisamment importante pour l’économie américaine.

La série, donc, parle de la Nouvelle-Orléans, en particulier Treme, trois mois après Katrina et les années qui suivent. Mais rassurez-vous, ce n’est pas un drama larmoyant avec un message criant “Regardez-les, pauvres malheureux, ils n’ont plus rien et c’est la faute du gouvernement et c’est terrible oulala.” Non !
C’est une simple et belle déclaration d’amour pour cette ville à la culture si foisonnante et brillante, ainsi qu’à sa population. Elle tente de montrer aussi complètement que possible ce qu’une ville a à offrir, que ce soit bon ou mauvais.

Comme The Wire, son créateur David Simon (ancien journaliste) nous montre un style bien marqué de série extrêmement réaliste dont chaque détail est étudié pour se rapprocher le plus de la réalité. Le co-scénariste/créateur, Eric Overmyer, ayant vécu 20 ans à la Nouvelle-Orléans doit y apporter beaucoup. Les personnages évoluent donc dans la Nouvelle-Orléans telle qu’elle est ou presque, et beaucoup de sensations qu’ils expriment sont vécues par la population. Elle montre des personnages extrêmement fiers d’y vivre, motivés pour participer à sa reconstruction et ne cessant de crier à qui veut l’entendre que la Nouvelle Orléans est une grande ville.

Les personnages sont assez nombreux (donc il faut s’accrocher les 2 premiers épisodes), ce qui permet à la série de montrer un panorama assez large de la population de la ville. Un peu comme The Wire qui fait le tour des dealers, drogués, flics, politiciens, dockers, journalistes, écoliers et autres, Treme nous présente des personnages de milieux assez différents comme des musiciens (professionnels et amateurs), une avocate, un flic, un magouilleur immobilier des politiques, un prof d’histoire, un journaliste, une barman, un chef de cuisine, un chef indien de Mardis Gras,… Bref, ce ne sont pas les sujets d’épisodes qui manquent et tous ont des caractères bien barrés et variés. Donc ça dure une heure mais on ne s’ennuie pas !

Les principaux mots qui me viennent pour parler de la série sont : fierté, joie de vivre, musique, combativité, espoir, drames, difficultés, société, culture et abandon. Abandon d’une ville et de sa population, de son histoire et de sa culture. Ici, la Nouvelle-Orléans se débat dans cette indifférence du reste du monde pour faire reconnaître sa grandeur passée comme présente. La ville continue de vivre, d’échanger et de créer à profusion, malgré sa réputation de ville déchue depuis des dizaines d’années. Je tiens à préciser que les problèmes de la ville sont aussi beaucoup abordés, mais sans tomber dans le pathétique.

D’ailleurs, dès le premier épisode, le personnage Creighton Bernette (joué par le grand John Goodman), remarquable pour ses accès de colère, nous montre avec violence ce qu’il pense de la Nouvelle Orléans face au reste des Etats-Unis.
Voici un exemple (qui n’est pas dans le premier épisode) en vidéo :

Treme est aussi une déclaration d’amour à la musique et aux musiciens puisque la série porte sur une des villes clés de la culture musicale. Les premières minutes de la série le montrent bien (avec la présentation d’un des meilleurs personnages, Antoine Batiste, pro du trombone) :

Il est important de préciser que chaque épisode a son lot de bonne musique en live (souvent variée) avec des acteurs mais aussi de vrais musiciens. Par exemple, ce passage où Davis McAlary, l’un des meilleurs personnages, chante sur la situation politique après Katrina, (avec à la trompette un réel musicien connu dans la région, Kermit Ruffins) :

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