
Ça fait 3 semaines qu’on est en 2012, et après des articles un peu spéciaux pendant les fêtes (oui, les Golden Globes sont une fête), revenons à un top un peu plus classique. Comme vous l’avez surement remarqué, l’année 2011 s’est terminée en nous délivrant quelques season finals pour certaines séries. Du coup, je suis sur que votre calendrier de sériephile s’est un peu aminci, et vous en redemandez ! Cependant, nous ne somme pas (encore) en période de vacances, et, forcément, vous n’avez pas le temps pour débuter une série de 8 saisons de 25 épisodes … pas de soucis, je vous présente 5 mini-séries à voir absolument, qui ne dépassent pas les 10 épisodes !

France 2 | 2011 | 8 épisodes
Et oui, on commence avec une série française ! Je ne suis pas fan de la fiction française, mais j’en regarde en fait très peu. Diffusée au printemps 2011 sur France 2, les Beaux Mecs a reçu beaucoup de critiques positives avant même ses débuts, ce qui m’a poussé à la visionner. La série nous raconte la vie de Tony, un vieux gangster qui vient de s’échapper de prison, accompagné par un jeune “banlieusard”, Kenz. Les deux ne se connaissaient pas avant l’évasion, mais ils vont être obligés de s’allier à l’extérieur afin de pouvoir rester libres. En plus de cela, on a droit à des flashbacks sur la jeunesse de Tony, quand il était encore au top. Le scénario est intéressant, sans être non plus extraordinaire (il est même un peu prévisible parfois), mais c’est sa régularité qui le rend bon : on a bien affaire à une mini-série, et les scénaristes ont tout “balancés” lors des 8 épisodes, si bien qu’on ne s’ennuie pas une seule minute, et tout s’enchaîne très bien.
Le plus gros point faible des productions françaises, selon moi, est le niveau des acteurs. Ceux qui jouent dans des séries sont souvent mauvais (pour ne pas dire pitoyables), alors que les autres continuent se snober la télévision … (on a encore beaucoup de chemin à faire pour se rapprocher des USA à ce niveau là !). Mais ici, le casting est vraiment bon, et pour une fois, les acteurs sont crédibles. Je ne demande pas le ciel, mais juste de la crédibilité dans le jeu des acteurs, et Les Beaux Mecs est l’une des seules séries françaises à en avoir. Il faut dire que le rôle principal est joué par Simon Abkarian, qui est un peu devenu à la mode ces derniers temps (il a joué dans Pigalle, la nuit, et sera à l’affiche de Kaboul Kitchen prochainement ; sans parler de sa filmographie bien sûr) et qui est très juste dans le rôle de Tony. Son duo avec Kenz (lui aussi très bien interprété par Soufiane Guerrab) possède une dynamique très intéressante et, pour revenir là-dessus, il est crédible. J’insiste, car c’est vraiment le gros point noir des fictions françaises pour moi, et la série m’a bluffée là-dessus, avec, par exemple, enfin une représentation des jeunes de cité qui n’est pas exagérée, tout en restant assez drôle.

HBO | 2011 | 5 épisodes
La victoire de Kate Winslet, dimanche dernier, aux Golden Globes m’a finalement poussé à commencer cette mini-série en 5 épisodes (d’environ 1h chacun), qui raconte l’histoire de Mildred Pierce, une mère de famille américaine, dans les années 30. Le genre historique se prête bien aux mini-séries, mais Mildred Pierce sera la seule dans ce classement. Premièrement car c’est la seule que j’ai vue, mais aussi car sa grande rivale, Downton Abbey, possède plus de 10 épisodes.
La série est découpée en 5 épisodes, bien qu’on pourrait en fait tous les relier ensemble pour en faire un (très grand) film. Mais je garderais quand même un découpage en 2 parties, qui est assez évident. On peut dire, bien sûr, que Mildred est le personnage principal de la série, mais on peut aussi dégager un “personnage principal secondaire” dans l’intrigue : on a le pilot, qui pose les bases de l’histoire, puis les épisodes 2 & 3 consacrés à Monty, et les 2 derniers épisodes consacrés à Veda. Personnellement, je trouve que les deux derniers épisodes sont les meilleurs. Non pas que Guy Pearce soit mauvais dans le rôle de Monty, mais son personnage est quand même assez limité dans les premiers épisodes. Et puis, à partir de l’épisode 4, apparaît Evan Rachel Wood dans le rôle de Veda, la fille de Mildred (il y a une ellipse de 4 ans entre les épisodes 3 et 4). Je l’avais découverte dans True Blood, et à vrai dire, c’était l’une des seules satisfactions de la série avant son départ. La retrouver ici fut une très bonne surprise (et ce fut une vraie surprise car je ne m’attendais certainement pas à la voir jouer une fille de 17 ans, mais passons …). Elle est vraiment très impressionnante dans son rôle de “peste”. Il faut dire que Kate Winslet est également excellente, tout au long des 5 épisodes, et le duo K. Winslet/E.R Wood porte à l’écran une relation mère-fille très touchante, et remarquablement interprétée.
Pour parler de la série de manière plus générale, elle est très sympathique à regarder, et vraiment unique. On pourrait presque la décrire de “How to make it in America” en costumes parfois, surtout dans les premiers épisodes avec cette histoire de restaurant. Et c’est un trait particulier à la série : en 5 épisodes de plus d’une heure, on ne s’ennuie pas, même s’il ne se passe jamais rien d’extraordinaire (à quelques exceptions près), mais on prend du plaisir à suivre la vie de Mildred (il faut dire que 9 ans de sa vie sont racontées en 5 épisodes !). Bien sûr, ce n’est pas How to make it in America, la période ne le permet pas (il manque la musique, même si, dans son genre, elle est très réussie, ce n’est pas aussi “cool”, etc) mais ce n’est pas ce qui est recherché. Il manque également un petit quelque chose pour en faire une série historique à la Boardwalk Empire : des intrigues plus ambitieuses, avec plus d’enjeu. Mais, encore une fois, ce n’est pas ce qui est recherché. Car une fois qu’on a dépassé le stade sympathique de la recherche d’emploi, du restaurant, ou même de Monty, on se rend compte que Mildred Pierce est avant tout un vrai drama sur une relation mère-fille à part.

BBC1 | 2010-2011 | 10 épisodes
Luther n’est pas une mini-série, puisqu’elle a 2 saisons, mais elle ne possède que 10 épisodes, donc je triche un peu ! Une autre série anglaise comme seuls savent les faire nos amis british : un cop show, mais qui est intéressant à regarder. Non car à côté de ça on est un peu ridicules avec nos RIS et Section de recherches (et même les américains le sont un peu avec leurs NCIS et autres CSI, mais je n’en dirais pas plus au risque d’en énerver certains …).
La série raconte donc la vie de John Luther, inspecteur à la criminelle, et elle possède vraiment toutes les bases du cop show banal vu et revu, avec enquêtes en stand-alone, un supérieur un peu grincheux, etc. Sauf qu’en plus de faire des enquêtes un atout majeur de la série (au contraire des américains qui, de plus en plus, lancent des intrigues secondaires d’envergures (dans le genre de Castle, The Mentalist, Bones)), les créateurs amènent un peu de background dès le premier épisode, avec l’apparition de Alice Morgan. Cette dernière est en fait la suspecte principale de l’assassinat de ses parents dans le pilot. Luther est persuadé qu’elle est la meurtrière, mais n’arrive pas à la coincer, et elle va rester libre. A partir de là, un duo improbable va se former entre les deux dans la suite de la série. Si Alice est moins présente dans la seconde saison, son aura est encore là, à cause des conséquence de son action en fin de saison 1, et la série ne devient pas banal, bien au contraire, puisqu’elle se bonifie au cours du temps.
NB : si vous êtes fans de Six Feet Under, vous reconnaîtrez forcément l’une des chansons de l’épisode 5 de la saison 1 …

BBC1 | 2010-2012 | 6 épisodes
Une égalité, donc, pour cette 2e place. Il faut dire que j’ai beaucoup de mal à départager Luther et Sherlock, tant elles se ressemblent, et tant elles sont bonnes. Sherlock raconte donc la vie d’un Sherlock Holmes moderne, qui vit au 21e siècle, secondé par un John Watson, médecin militaire qui revient d’Afghanistan. Je ne suis pas un grand connaisseur de l’œuvre de Arthur Conan Doyle, je n’y connais même presque rien, et alors que certains s’amusent à comparer les épisodes avec les écrits de Conan Doyle, je me retrouve émerveillé devant chaque épisode devant la complexité et l’inventivité de toutes ces enquêtes. Le côté moderne de la série lui apporte vraiment une touche très appréciable : que ce soit du côté des techniques utilisées (Internet, SMS, etc) ou même du côté de la réalisation, qui est l’un des points forts de la série (le dernier épisode de la saison 2 est bluffant sur ce point particulier) avec notamment ces SMS qui s’affichent à l’écran de temps en temps.
La série (2 saisons de 3 épisodes durant 1h30) nous présente donc, pour l’instant, 6 enquêtes dans 6 épisodes différents. Elles sont toutes plutôt intéressantes, mais je dois dire que les meilleurs épisodes sont, lors des 2 saisons, les épisodes 1 et 3, preuve que la mythologie de la série est quand même plus prenante que les enquêtes en stand-alone. Pour développer un peu sur la mythologie, sachez que Moriarty, l’ennemi légendaire de Sherlock, apparaît pour la première fois à la fin de la première saison. Si, alors, certains le trouvaient un peu fade, voir sans charisme (ce n’était pas mon cas, Andrew Scott m’a impressionné dès son apparition), il faut avouer qu’il déploie toute sa grandeur dans le dernier épisode (2×03) avec ce “complot” de grande envergure autour de Sherlock, qui se conclut avec un cliffhanger, certes attendu, mais néanmoins plutôt réussi. Un autre personnage de l’univers de Conan Doyle apparaît dans la seconde saison : Irene Adler. Je suis tombé sous son charme aussi vite que Sherlock, et je pensais la revoir à la fin de la saison, mais ce n’est malheureusement pas le cas …
Sherlock possède donc le pouvoir de réussir à fasciner à la fois les fans de l’oeuvre original, avec une adaptation très réussie des livres de Conan Doyle à l’époque contemporaine, mais aussi les néophytes en la matière, en leur exposant un univers riche et passionnant. Je suis conscient que des épisodes de 1h30 peuvent en repousser certains, moi le premier, mais ce n’est absolument pas un problème avec Sherlock, tant on est happés, à chaque fois, dans les enquêtes du détective.

Channel 4 | 2011 | 3 épisodes
Black Mirror est incontestablement une pépite dans le paysage audiovisuel actuel. Diffusée en Angleterre au mois de décembre dernier, cette anthologie se veut une critique de notre société moderne. Pour commencer, me direz-vous, qu’est-ce qu’une anthologie ? C’est une oeuvre (une série, ici) avec des épisodes indépendants, c’est-à-dire que vous trouverez des personnages et des lieux différents dans tous les épisodes (c’est le même principe que dans The Twilight Zone, pour ceux qui connaissent). On a donc 3 épisodes à la fois très différents (personnages, lieux, mais aussi enjeux qui diffèrent), mais qui, finalement, se réunissent pour critiquer la même chose : notre société actuelle.
Le premier épisode est une critique des nouveaux médias, notamment Internet (surtout les réseaux sociaux), où un pitch de départ très interloquant va nous permettre de nous rendre compte du voyeurisme de notre société. Les deux épisodes suivants sont plus centrés sur le monde de la télévision, et notamment sur la TV réalité (ce qui est un comble, puisque la série est produite par Endemol !) avec deux espèces de Big Brother, ici encore très différents d’un épisode à l’autre, mais qui dénoncent (encore une fois) le voyeurisme de notre société.
Maintenant que c’est dit, je vais développer un peu en utilisant quelques (légers) spoilers. Si vous n’avez pas vu la série, il est temps de s’y mettre, et vous reviendrez plus tard. Si vous l’avez vu ou vous comptez ne pas la regarder (vous avez tort !), on y va.
Dans le premier épisode, après la surprise du postulat de départ (un kidnappeur enlève la fille de la Reine d’Angleterre, et exige que le Premier Ministre ait des rapports sexuels avec une truie à la télévision afin qu’il relâche la princesse), on rentre plus dans une critique des gens qui regardent leur télévision que d’une bête série qui nous montre de la zoophilie comme certains peuvent le dire. J’aimerais clarifier deux-trois choses : premièrement, il n’y a absolument aucune image obscène dans cet épisode, ensuite, si vous ne comprenez pas l’épisode, ce n’est pas la peine de venir critiquer la série, prenez vous en à vous même. Et le “twist” de fin nous le montre bien : le ravisseur avait relâché la princesse presque 1h avant que le Premier Ministre ne s’exécute. Mais il n’y avait personne dans les rues pour s’en rendre compte, puisque la nation toute entière était devant son écran de TV.
Le second épisode, moins choc, nous donne une critique un peu plus fine de la société, et surtout de la télévision. Car si l’on considère que ce monde virtuel n’est en fait qu’une émission de TV-réalité, on n’est vraiment pas éloigné de la réalité actuelle. Cet épisode critique vraiment beaucoup de choses que l’on peut rencontrer actuellement, mais surtout, il montre à quelle point la société “écrase” les hommes. L’image de fin avec notre héros devenu ce qu’il ne voulait absolument ne pas être ne pouvait pas être un meilleur message : la société aura toujours raison des hommes.
Enfin, le troisième épisode est lui portée sur le voyeurisme. Dans cet épisode, les hommes sont équipés de dispositifs leur permettant de “rembobiner” leur vie pour voir leurs souvenirs. On pourrait, à première vue, penser que c’est une petite invention bien sympathique. Sauf que ça ne l’est pas, et le personnage de Liam nous le montre à merveille lors de sa “descente aux enfers” : plus il en voie, plus il veut en voir, ce qui résume plus ou moins le voyeurisme actuel de la TV-réalité. Une autre chose intéressante dans cet épisode : si l’on a à disposition tous ses souvenirs, ne risque-t-on pas de vivre dans le passé ? Et bien si, on le voit bien à la fin avec Liam qui se ressasse ses bons moments passés avec Fi. Mais aussi dans cette scène de sexe très dérangeante où les deux protagonistes ne font en fait que se souvenir d’une nuit passée …
- Bonus – Dr Horrible’s Sing Along Blog

Websérie | 2008 | 3 épisodes
Dr Horrible est une websérie qui a été diffusée pendant la grève des scénaristes aux Etats-Unis. Joss Whedon (créateur de Buffy, Angel, Firefly et Dollhouse) a eut l’idée d’une mini-série pendant la grève des scénaristes, afin de montrer qu’il était possible de réaliser de la fiction de qualité à bas prix, en utilisant directement Internet. Alors, Le Visiteur du Futur, j’aime bien, mais là c’est pas le même niveau. Jugez plutôt du casting : Neil Patrick Harris (How I Met Your Mother), Nathan Fillion (Castle, Firefly), Felicia Day (Buffy) et Simon Helberg (The Big Bang Theory). Tous ces acteurs réunis dans 3 épisodes d’environ 15 minutes où l’affrontement entre Dr Horrible et Captain Hammer est narré sous forme de comédie musicale. Rendez-vous ici pour visionner la série en VOSTFR.
Mais aussi : Firefly (14 épisodes), This is England ’86 et ’88 (il faut avoir vu le film auparavant ; 7 épisodes), How To Make it in America (16 épisodes), Lights Out (13 épisodes).
En conclusion : Je ne suis pas un expert en matière de mini-séries, et je n’en ai vu au final qu’assez peu. Mais il est assez évident que les anglais sont un peu les maîtres en la matière, et que ces histoires closes en quelques épisodes sont devenues leur spécialité. Alors, n’hésitez plus et lancez-vous ! Au pire, vous ne perdrez que quelques heures devant une série pas terrible, au mieux vous découvrirez une grande série …