View Sidebar
Petit éloge des séries télé, Martin Winckler

Petit éloge des séries télé, Martin Winckler

27 octobre 2012 9:002 comments

Sorti fin septembre dans la collection Folio à 2€ de Gallimard, le Petit éloge des séries télé de Martin Winckler est à mettre entre toutes les mains. Les 116 pages qui le constituent sont une déclaration d’amour aux séries télé et une critique de la production française en la matière. Parce que, même s’il donne les outils pour éclairer le téléspectateur sur le fonctionnement d’une série, le livre est avant tout basé sur le ressenti, le sentiment, l’intime. C’est ainsi que Martin Winckler commence par faire son portrait de sériephile, raconte son rapport aux séries et énonce les droits du sériephile comme Daniel Pennac l’avait fait pour les droits du lecteur dans Comme un roman. Le numéro 3 a plus particulièrement retenu mon attention : “Le droit de regarder sans être jugé ou méprisé.”. Mais tous sont le reflet de ce que je pense et je remercie Martin Winckler d’avoir mis des mots dessus, d’avoir mis en forme ces dix droits, et d’avoir dit clairement que l’amour pour une série est tout aussi légitime que l’amour pour une autre forme de narration. Ce Petit éloge des séries télé montre la curiosité, la passion et la tendresse que l’auteur à envers le genre et c’est là les sentiments que nous autres sériephiles avons tous face aux séries.

Dans la deuxième partie du livre, Martin Winckler critique les productions françaises, énonce leurs points faibles et condamne les agissements de certaines chaînes. La position de faiblesse du scénariste dans un projet, l’irrespect envers le téléspectateurs (via la censure de certains passages grâce à des coupes ou à des dialogues édulcorés en VF), le mépris envers le genre. Tels sont les points qu’il faut absolument revoir selon lui. Il ne dit pas que la France ne peut pas faire de bonnes séries, il dit qu’elle ne s’y prend pas de la bonne manière et ne s’en donne pas les moyens. Son propos est clair : arrêtons de considérer le téléspectateur comme un être d’une intelligence inférieure, donnons les moyens aux scénaristes pour s’exprimer et prenons des acteurs qui savent jouer. Et, par pitié, de l’ambition pour les chaînes !

Si on a déjà lu des ouvrages sur les séries télé, et notamment ceux de Martin Winckler, ce livre est une très bonne synthèse de ce que l’auteur voit dans ce genre. Il fait comprendre que les séries sont une forme de narration aussi légitime qu’une autre (les romans, le théâtre, le cinéma). Si c’est le premier ouvrage qu’on lit sur le sujet, il s’agit d’une merveilleuse introduction à ce que pense l’auteur et à la manière dont il traite des séries. La logique économique, le fonctionnement interne d’une série et les contraintes de narration, l’impact des séries sur nos vies, le traitement du genre fait en France. Tels sont les point aborder par l’auteur. Je suis dans la première situation, cet ouvrage est loin d’être mon premier. Si je n’ai pas appris grand chose sur le fonctionnement des séries ou la logique des networks, j’ai été touchée par la passion qui transpire du livre. Je le mettrai dans les mains du prochain qui me dira “Les séries, c’est pas grand chose, c’est pas comme si c’était des films” (on me l’a dit comme ça dans la semaine).

Avec une poignée de séries qu’il affectionne particulièrement (et encore, il a fallu faire des choix), Martin Winckler parle de son parcours de sériephile, de ce que lui ont apporté les séries et de la manière dont elles touchent à l’intime. Il n’a de cesse de rétablir leur légitimité et surtout, surtout, de transmettre une passion.

Martin Winckler, mon héros.

2 Comments

Leave a reply