Fringe – 4×19 – Letters of Transit

Après une courte absence (ou pas), je refais surface pour vous parler d’un épisode en particulier cette fois : un des derniers Fringe, « Letters of Transit ». Si vous ne l’avez pas vu, ne lisez pas évidemment, mais bon ça fait plus d’une semaine qu’il est dispo donc quand même !

« Letters of Transit » est un épisode que j’attendais avec beaucoup d’impatience, car c’est le 19ème épisode de la saison. A priori, là comme ça, ça ne veut rien dire, sauf que les fans de Fringe se souviendront que le 19ème épisode de la saison 2 était « Brown Betty » (l’épisode musical) et le 19 ème épisode de la saison 3 était « Lysergic Acid Diethylamide » (l’épisode avec une partie animée), qui sont probablement mes deux épisodes préférés de toute la série.

« Letters of Transit » en revanche ? Pas vraiment.

Cette fois-ci, Fringe se lance dans une scénario dystopien (= utopie qui tourne mal) assez basique : les Observers ont pourri leur planète en 2600 et des brouettes, et reviennent donc en force pour nous piquer la nôtre. Admettons. Jusqu’ici, les Observers qu’on n’a vu n’étaient peut-être que les scientifiques, ou une espèce de genre de religieux/philosophes qui avaient des principes stricts, mais la c’est toute la population qui a migrée. Et apparemment, les Observers sont un peu tous des connards, et imposent une dictature style Troisième Reich sur les « Natives ». On arrive dans cette réalité où les Observers sont arrivés en 2015 en apprenant que la Fringe Division est maintenant au service des Observers et que l’équipe originale a disparu, le tout via un petit texte explicatif au début, un peu à la Star Wars. Nos personnages centraux pour l’épisode sont donc une agente Fringe qui rappelle furieusement Fauxlivia mais blonde, et Desmond. Pardon, Simon, dont on est supposés croire qu’il est américain apparemment. Les deux personnages sont inintéressants au possible, reprenant des clichés de mauvaise SF. Il est évident très vite que la blonde est la fille de Peter, mais c’est quand même traité comme une grande révélation à la fin.

Ce qui sauve (partiellement) l’épisode, c’est, comme souvent, Walter. La blonde le sort de l’ambre au début, et il agit comme la version la plus doucement folle du personnage qu’on ait vu jusqu’ici, bien qu’il arrive quand même à réparer le bras de Nina, qui a les cheveux blancs maintenant, quand même. Il n’est pas très utile à la Résistance dans cet état, donc on va chercher les fameux morceaux de son cerveau que Bell avait enlevé, et on lui remet ce qui le transforme en une espèce de robot qui fait sauter des bâtiments sans ciller. John Noble est toujours aussi formidable, et on comprend mieux la décision de Walter de se faire retirer un peu de matière grise.

Le problème d’avoir des méchants si caricaturaux, c’est que ça enlève tout l’intérêt du format de la dystopie. Si 1984, Le Meilleur des Mondes ou encore Bienvenue à Gataka fonctionnent, c’est parce qu’il y a une ambiguïté morale. Le système a été érigé pour réaliser l’égalité/le bonheur collectif, ou autre objectif noble du genre, c’est juste qu’on sent bien que ça ne va pas, parce que, en généra, les libertés sont tellement restreintes que le jeu n’en vaut pas la chandelle. Ca permet de voir des choses intéressantes sur l’homme : jusqu’où va-t-on pour atteindre le bonheur, y a-t-il des barrières morales objectives en matière de génétique, etc.

Ici, on n’a rien de tout ça. Les Observers sont des meuchants, et la Résistance ils sont gentils. Le seul choix moral intéressant, c’est quand Walter fait sauter tout un bâtiment pour la cause : le terrorisme est toujours la résistance de certains. En dehors de ça, il ne ressort strictement rien de cet épisode, à supposer qu’il n’ait pas de suite… ce qui paraît probable, étant donné qu’il ne reste que très peu d’épisodes cette saison, et que les chances d’avoir une saison 5 sont franchement faibles.

Que l’épisode n’avance pas l’histoire de David Robert Jones & Co, pas de problème. Qu’il soit dans un format différent d’habitude, ça le plaît. Mais si c’est pour faire une espèce de mauvais film de SF sans aucune profondeur, en dehors du plaisir de voir Desmond apparaître dans Fringe et Walter faire son Obi-Wan, c’est vraiment vraiment dommage.

8 réflexions au sujet de « Fringe – 4×19 – Letters of Transit »

  1. J’avoue avoir été très déçu de voir le 4×20 débarquer sans être une suite du 4×19… Je pensais qu’on allait avoir une sorte de double épisode sur le futur, avec une pirouette finale pour nous réintégrer ça dans la continuité de la saison, mais prout, nada, caca :(
    Pourtant, même si, en effet, tout ça est un peu trop caricatural, ça aurait pu faire un bon épisode, mais inscrit dans la continuité, pas en stand-alone.

    Et sinon, je suppose que ton article date un peu, car il a été annoncé récemment que Fringe était renouvelé pour une ultime S5 de 13 épisodes (http://www.deadline.com/2012/04/fringe-renewed-final-season-fox-13-epsiode-order/).

    • T’as qu’à dire que c’est de la faute à Céline qui met du temps à valider nos billets \o/
      Enfin bon, espérons que cette S5 clora proprement tout ce qu’il y a à clore, et ne laissera pas de questions en suspens ! On les attends au tournant !

  2. Ping : [Bilan] Les anciens dramas | Les Critikeurs

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