[Film] The Spirit
Il y a des jours comme ça où rien, et je dis bien rien ne pourrait entraver la bonne humeur d’une personne. Aujourd’hui c’est mon jour, malgré une attaque intempestive de sms (un à 4h et un à 8h) qui n’ont pas manqué de me réveiller, malgré le réveil forcé du au passage d’un avion de combat qui a eu tendance à raisonner dans toute la vallée (j’ai franchement eu peur qu’il se crash), malgré la pression que m’a mis ma sœur pour écrire cette critique vite, malgré les remarques désobligeantes de ma génitrice pour que je me bouge le cul, malgré qu’il n’y avait que du Dop pour me laver les cheveux […], bref malgré tout ça, rien ne pourra entraver ma journée. C’était surement écrit, c’était ma journée, un point c’est tout.
C’est un peu comme notre héros du jour, The Spirit, quand il décrit la ville où il évolue, c’est sa ville, et la ville, c’est lui. Il ne fait qu’un avec, et pourtant, elle ne lui facilite pas la tâche.
A tous les coins de rue elle abrite des criminels peu scrupuleux près à agresser les jeunes bourgeoises qui passent, elle autorise le crime, elle ferme les yeux sur bien des choses. Mais bon, comme dans toute âme consciente autodestructrice, il y a tout de même des parties d’elle qui luttent pour se préserver. Et ça, c’est le rôle de la police, se battre pour préserver. Il est en fait assez intéressant de comparer la structure de ce film à un corps humain.
Imaginons, Central City est en fait toi lecteur, une entité faite d’os, de chair, de sang et de tout un bordel pour relier tout ça. On ajoute une pincée de magie, et on a l’âme, chose inexpliquée et surtout inexplicable. Le paradoxe le plus paradoxale existant sur cette planète. Tantôt elle nous fait agir comme des bienfaiteurs, pour la seconde d’après faire de nous des assassins. Pire, en plus de nous faire passer auprès des autres comme étant la personne qui […], elle nous consume petit à petit, pourrissant notre atmosphère en même temps que celui de notre prochain. Il est en fait si compliqué d’expliquer comment fonctionne un homme, pouvant passer du tout au tout en une fraction de seconde sans explication tangible.
Et bien ce film, c’est un peu la transposition de tout ce mécanisme mais à l’échelle d’une ville. La ville est faite de briques, de bitume et d’usines, tout est fait pour qu’elle fonctionne, grandisse, évolue. On y trouve des personnes œuvrant pour pourrir de l’intérieur tout ça, et d’autres pour stopper l’hémorragie, comme une guerre entre virus et les anticorps.
Mais bon, là, il y a une variante, la ville est une grande malade, comme atteinte d’une maladie incurable, puisque le virus en question, la Pieuvre, est intouchable. Elle a juste un rival, The Spirit, la personnification de la volonté, qui même s’il fait de son rival une obsession, reste un cran en dessous, et surtout s’avère être de force égale en cas de confrontation.
Allez, stop les belles métaphores imagées, essayons pour les moins psychédéliques de faire un résumé plus concret.
Ambiance à la Sin City, et je dirais même style à la Sin City (normal, c’est le même réalisateur).
Super Héros original, il se fait appeler The Spirit, car il pense incarner à lui tout seul l’esprit de cette ville. Son arme ? La ville elle-même. Là où certains auraient pris des épées, des pistolets ou autres gadgets révolutionnaires, notre bonhomme lui utilise ce qu’il trouve sur place … de la neige, une bouche d’égout … Au moins son arsenal est diversifié. Bref, ce soir là, il se fait appeler par un flic intègre qui lui dit que son rival de toujours, la Pieuvre, est dans le secteur des marécages, et qu’il prépare un mauvais coup. Sans peur notre héros se lance à l’assaut de son rival de toujours. Hélas il arrive un peu tard, le pauvre flic est touché. S’en suit une confrontation où on apprendra que le méchant comme notre gentil sont uniques du fait qu’ils sont immortels et qu’en somme leur combat est un peu absurde car aucun ne pourra vraiment prendre le dessus…
Bref, quoi qu’il en soit, de la confrontation s’en suit que le (Z’) héros a mordu la poussière, et que la Pieuvre (je viens de voir sur allociné, que son nom est Octopus … j’ai peut être vu une version Québécoise donc ne soyez pas choqué) a réussi à avoir ce qu’il convoitait, un coffre. Mais une question subsiste, que contient le coffre ? Et surtout, est-ce le bon coffre ? (oui, car en fait, il y avait 2 coffres, et l’un d’entre eux a été volé par une femme aussi sexy que mystérieuse).
Voila pour vous faire un résumé très simple. Rien de révolutionnaire, un combat entre un super gentil et un super méchant tout deux très vraisemblables, tout ceci dans une ville comme on les rencontre dans les comics, très sombre, très corrompue. Le super méchant cherche évidemment une arme pour enfoncer son rival et surement devenir le maitre du monde, et le gentil un peu naïf va chercher à déjouer son plan sans trop le connaître.
Tout ce que je pourrais en dire, c’est que dans l’ensemble j’ai été très déçu par ce film, et je tiens à remercier ma conscience l’autre jour dans mon supermarché local qui m’a dit « non ne l’achète pas, 20€ ça fait cher, (Céline rajoute : Demande-le plutôt à mon mini cousin nova, qu’il me l’envoie par la poste !)».
L’histoire n’est … pas du tout recherchée. Les personnages restent tout de même assez charismatiques, voir un peu trop. Ils sont vraiment à fond dans leur délire, tous autant qu’ils sont, ce qui fait qu’on a l’impression d’être dans une comédie où les rôles ont été distribués à des autistes. Ça a son charme, mais ça manque énormément de cohérence.
Allez, on va quand même faire une petite éloge à la Bande Originale qui est fort bien trouvée. Dès les premières minutes c’est quelque chose qui m’a sauté aux oreilles.
Pour finir je dirais que ce film est plus que décevant, sous deux aspects essentiels qui sont que l’histoire est très franchement ennuyeuse, et que en plus, les dialogues sont très moyens.
Je retiendrais de ce film une sensation étrange, car même si j’aime bien cette ambiance à la Sin City, et que individuellement j’ai trouvé les acteurs assez bons dans leur rôle, le tout fait que … on reste sur sa faim. Il manque quelque chose … ça fait juste penser à un film utilisant un concept qui a plu, mais qui n’est pas du tout abouti.



