[Film] Ne le dis à personne
« Noir, tout est noir, je ne vois que la pénombre de partout. Parfois, d’un instant de clairvoyance, je devine une porte. Je m’avance. A tâtons, je trouve la poignée. J’ouvre. A ma grande surprise, derrière se cache une nuit encore plus noire. Attiré, je ne peux que me résigner à entrer dans ce nouvel espace. Comme si le divin, pour me punir de tout mes blasphèmes, se jouait de moi, j’erre dans cet univers étrange, où parfois je trouve une porte, m’entrainant de force vers un monde où même les cafards hésiteraient avant d’élire domicile. Lassé de ce perpétuel recommencement, où j’ai l’impression de vivre une vie sans but si ce n’est celui de reproduire le même schéma, j’hésite de plus en plus à ouvrir les portes qui s’offrent à moi. Mais bon, avec le temps, j’en ai oublié de toute façon ce qu’il pouvait s’y cacher d’autre que le néant. Je franchis, amorphe ces étapes, sans espoir, sans conviction, […]. Et là d’un coup, alors que le fade m’avait totalement rongé, j’entrevois une lumière, non ce n’est surement pas le soleil, mais juste cette petite lumière à redonner en une fraction de seconde toute humanité à mon esprit errant […].» (Source : hurk1 – août 2009)
Non rassurez vous, je ne suis pas fou, enfin, pas plus que d’habitude. Cette introduction, qui j’espère ne vous a pas trop choqué, est après mûre réflexion la meilleure que je puisse faire pour vous introduire un genre. Par là, je veux simplement vous parler du cinéma Français, qui comme vous l’avez surement ressenti pour mes plus fidèles lecteurs, n’est pas très haut dans mon estime. Ce qui me frustre le plus chez nos amis réalisateurs de l’hexagone, c’est que malgré leur imagination, leur talent, ils n’osent pas.
Pourquoi ? Surement par complexe de ne pas arriver techniquement au même rendu que les super productions outre atlantique … et pourtant c’est bien dommage. Du coup, on a un cinéma français qui recycle des pseudos-comédie avec toujours les mêmes acteurs, qui nous usent, et qui en plus parle 9 fois sur 10 de la crise de la trentaine ou autre problème de couple ou histoire à l’eau de rose dans ce genre.
Voila un peu le sentiment que j’ai essayé de vous imager avec mon introduction – faible en couleur – qui retrace mon état d’esprit quand je vais voir une production de l’hexagone. Mais, je garde espoir, et cet espoir il vient entre autre de quelques films. Et justement, notre titre de ce jour en fait partie.
Allez, ne passons pas par quatre chemins, je vais vous parler aujourd’hui du film intitulé “Ne le dis à personne”, réalisé par Guillaume Canet et tiré du livre de Harlan Coben (je ne l’ai pas lu, mais me permet de le citer car c’est un grand nom parait-il).
Comment caractériser ce film … j’avoue que c’est assez dur. C’est la somme d’histoires imbriquées les unes dans les autres avec à chaque fois des protagonistes très charismatiques, et surtout très bien interprétés. On rajoute à cela, un fil conducteur en mettant en avant l’histoire du mec désespéré qui ne s’est toujours pas remis de l’assassinat de sa femme sous ses yeux il y a une dizaine d’années. Un jour comme les autres, ce brave homme reçoit un e-mail, d’une vidéo d’un lieu public, où l’on y voit sa femme. Fait intriguant, la vidéo est très récente de part la date qui est inscrite dessus. Sont également inscrits des instructions pour en recevoir une seconde, qui sera publiée à une certaine heure et à une certaine date. Intrigué par tant de mystère, et persuadé que sa femme est toujours en vie, notre héros va se lancer dans une quête où tout le monde semble vouloir l’empêcher de découvrir la vérité. S’en suit alors une véritable course contre la montre, où notre brave homme devra livrer bataille contre vents et marrés, en faisant remonter à la surface des histoires passées mêlant secret de famille, complot, vengeance,…etc.
Vous l’aurez compris, un cocktail explosif, plein d’intrigue, plein de passion et plein de rebondissement. Des personnages entaillés par le temps qui renforce d’avantage leur coté humain, bien loin des clichés américains où dans leur histoire tout il est beau, tout il est rose. Sans compter une interprétation fabuleuse de chaque protagoniste, et ils sont nombreux, tout ceci mené à la baguette d’un novice devenu par ce coup d’essai maître de la discipline, alias Guillaume Canet.
Ce jeunot d’une trentaine à peine révolue prouve ici que le cinéma français n’est pas mort, et également à ses acolytes qu’on peut faire du bon, et je dirais même du très bon avec des moyens à la française.
Gros coup de cœur sur ce film, qui mélange intrigue, suspens, action et sentiments dans un rythme tantôt lent et tantôt rapide, et pour couronner le tout, un très bon choix de bande originale.
C’est un peu le voyage vers l’inconnu, on se sait pas trop où l’on va, quand on pense avoir compris ce qui va suivre, un élément vient brouiller les pistes ce qui nous permettra de ne pas perdre haleine deux heures durant. Que dire de plus ? Franchement je vois pas…



